Façade à ravaler : faut-il refaire entièrement l’enduit ?

Faut-il refaire l’enduit d’une façade ancienne ?

Lorsqu’une façade devient sale, poreuse, fissurée ou présente des traces d’humidité, de nombreux propriétaires pensent qu’il faut nécessairement refaire l’enduit. Pourtant, dans la majorité des rénovations, la pose d’un nouvel enduit hydraulique n’est ni nécessaire ni adaptée.

Un nouvel enduit hydraulique se justifie principalement dans deux situations :

  • sur une construction neuve dont la maçonnerie en parpaings ou en briques doit être protégée, notamment une maison, une extension ou un muret neuf ;
  • en rénovation, lorsque l’ancien enduit est trop dégradé pour être conservé et doit être entièrement retiré afin de remettre la maçonnerie à nu.

Dans les autres situations, il ne s’agit pas de refaire l’enduit, mais de réaliser un ravalement de façade. Le façadier ou le peintre spécialisé répare alors l’enduit existant avant de le protéger avec un revêtement semi-épais, un système d’imperméabilité ou un enduit organique.

Dans quels cas faut-il réellement réaliser un nouvel enduit ?

Première situation : une maçonnerie neuve doit être enduite

L’enduit hydraulique est un mortier composé notamment de ciment, de chaux, de granulats, de pigments et d’adjuvants. Mélangé avec de l’eau, il durcit par une réaction dite hydraulique.

Sa fonction est de protéger et d’imperméabiliser une maçonnerie en parpaings, en briques ou en béton, tout en apportant sa finition décorative. Il ne constitue pas, à lui seul, une isolation thermique, mais protège les matériaux de construction contre les intempéries.

L’enduit hydraulique est donc principalement destiné aux constructions neuves :

  • maisons individuelles ;
  • extensions ;
  • garages ;
  • murs de clôture ;
  • murets nouvellement construits ;
  • maçonneries entièrement remises à nu.

Un muret neuf en parpaings doit ainsi recevoir un enduit hydraulique avant toute éventuelle finition décorative. Une peinture ou un revêtement de ravalement ne peut pas remplacer cette première protection de la maçonnerie.

Ces travaux relèvent traditionnellement du métier d’enduiseur ou de maçon. L’entreprise doit disposer des compétences et de l’assurance décennale correspondant à la réalisation d’enduits hydrauliques. Un façadier spécialisé dans le ravalement n’intervient pas nécessairement sur les maçonneries neuves.

L’enduit hydraulique est généralement teinté dans la masse : sa couleur est intégrée lors de sa fabrication. Plusieurs finitions sont possibles :

  • finition grattée ;
  • finition talochée ;
  • finition projetée ou rustique ;
  • finition écrasée.
Une mise en peinture exigeante mais valorisante
Maison traditionnelle nantaise avec différentes finition d’enduit

À Nantes, les maisons construites entre les années 1930 et 1970 présentent fréquemment plusieurs finitions sur une même façade : soubassement taloché, parties courantes projetées et bandeaux filants plus lisses. Dans les lotissements récents de l’agglomération nantaise, les finitions grattées fines sont aujourd’hui plus répandues.

Deuxième situation : l’ancien enduit est trop dégradé pour être conservé

En rénovation, la réfection complète de l’enduit hydraulique peut être nécessaire lorsque l’ancien revêtement n’adhère plus suffisamment à la maçonnerie.

Plusieurs signes peuvent révéler cette dégradation :

  • l’enduit sonne creux lorsqu’il est sondé ;
  • certaines parties se décollent ou tombent ;
  • des cloques ou des désaffleurements apparaissent ;
  • l’enduit est largement soufflé ;
  • la maçonnerie est visible à plusieurs endroits ;
  • les réparations ponctuelles deviennent trop nombreuses ;
  • une humidité importante a progressivement désolidarisé l’enduit du support.

Les décollements peuvent notamment résulter d’une mauvaise préparation initiale, d’une application sur un support trop humide ou trop sec, d’une épaisseur inadaptée ou de conditions climatiques défavorables au moment des travaux.

En rénovation, la réfection complète de l’enduit hydraulique peut être nécessaire lorsque l’ancien revêtement n’adhère plus suffisamment à la maçonnerie.
Les décollements peuvent notamment résulter d’une mauvaise préparation initiale, d’une application sur un support trop humide ou trop sec, d’une épaisseur inadaptée ou de conditions climatiques défavorables au moment des travaux.

Dans ce cas, ajouter une nouvelle couche sur l’ancien enduit ne règle pas le problème. Le nouveau revêtement resterait dépendant de la tenue d’un support déjà fragilisé.

Il faut alors piquer l’enduit défectueux pour retrouver la maçonnerie, préparer le support et appliquer un nouvel enduit hydraulique. Cette intervention est lourde et technique. Elle doit être précédée d’un diagnostic, car le piquage peut également solliciter les parpaings, les briques ou les pierres situés derrière l’enduit.

Il est également nécessaire de traiter l’origine des désordres. Une fissure structurelle, un mouvement au niveau d’un plancher, une dilatation entre différents matériaux ou la corrosion d’une armature métallique peuvent réapparaître dans le nouvel enduit si leur cause n’a pas été corrigée.

La réfection complète ne doit donc pas être décidée uniquement parce que la façade est ancienne, sale ou fissurée. Elle se justifie lorsque l’enduit est réellement trop dégradé pour être conservé.

Dans la majorité des cas, il faut réaliser un ravalement de façade

Réparer l’enduit hydraulique plutôt que le remplacer

Un enduit hydraulique ancien peut présenter des signes de fatigue tout en restant correctement accroché à la maçonnerie :

  • salissures et micro-organismes ;
  • effet de mouillage prononcé ;
  • porosité ;
  • faïençage superficiel ;
  • fissures localisées ;
  • petites reprises d’enduit ;
  • cloquages ponctuels ;
  • différences d’aspect ou de teinte.

Ces désordres ne nécessitent pas automatiquement le retrait complet de l’enduit. Lorsqu’il reste globalement sain et adhérent, la solution logique consiste à le conserver, à le réparer et à le protéger.

Le faïençage est une pathologie liée exclusivement à l’enduit
Le faïençage est une pathologie liée exclusivement à l’enduit, et non à la structure du bâtiment. Les microfissures sont souvent de la largeur d’un cheveu et dessinent un réseau irrégulier à la surface de la façade.

Le ravalement comprend généralement plusieurs étapes :

  1. nettoyage et décontamination de la façade ;
  2. sondage de l’enduit existant ;
  3. élimination des seules parties non adhérentes ;
  4. reprises localisées de l’enduit ;
  5. traitement adapté des fissures ;
  6. application d’un fixateur ou d’une impression si nécessaire ;
  7. pose d’un revêtement de finition.

Ce travail relève du métier de façadier ou de peintre en bâtiment spécialisé dans les revêtements extérieurs.

L’objectif n’est pas de masquer les désordres, mais de traiter leurs causes avant de protéger durablement l’enduit conservé.

Appliquer un nouvel enduit hydraulique sur l’ancien présenterait plusieurs inconvénients. Ce matériau est épais, rigide et relativement lourd. Sa consommation représente généralement plusieurs dizaines de kilogrammes de mortier par mètre carré.

Une nouvelle couche augmenterait donc fortement le poids supporté par la façade, sans renforcer l’adhérence de l’enduit d’origine. Si celui-ci est fragilisé, le nouvel ensemble risque de se décoller avec lui.

De plus, une fissure liée aux mouvements du bâtiment ou à la dilatation des matériaux risque de traverser le nouvel enduit hydraulique. Refaire l’enduit sans traiter la cause peut ainsi conduire à la réapparition rapide des mêmes désordres.

Revêtement semi-épais ou enduit organique : deux solutions de ravalement

Lorsque l’enduit hydraulique peut être conservé, plusieurs finitions de ravalement sont possibles.

Le revêtement semi-épais, généralement classé D3, est une peinture de façade garnissante appliquée au rouleau. Il permet d’uniformiser la surface, de limiter la pénétration de l’eau de pluie et de masquer certains défauts superficiels, notamment le faïençage.

Traitement et réparation des fissures sur façade de maison à Nantes
Protection des enduits par ravalement de façades

Lorsque des fissures infiltrantes sont présentes, un système d’imperméabilité plus souple peut être nécessaire. Selon la nature et l’ouverture des fissures, il peut comprendre une couche intermédiaire en résine, un galon de renfort localisé ou un entoilage généralisé.

L’enduit organique est une autre finition de ravalement. Malgré son appellation, il n’a rien à voir avec un enduit hydraulique.

Enduit hydrauliqueEnduit organique
Mortier à base de ciment ou de chauxRevêtement à base de résines
Destiné à la maçonnerie neuve ou remise à nuDestiné à la rénovation d’un support existant
Épaisseur généralement supérieure à 10 mmÉpaisseur d’environ 1,5 à 3 mm
Plusieurs dizaines de kg/m²Environ 2 à 4 kg/m² selon le grain
Rigide et lourdPlus léger et plus souple
Projeté sur la maçonnerieAppliqué et structuré à la taloche

L’enduit organique est un revêtement mince prêt à l’emploi, composé principalement de résines, de charges minérales et de pigments. Il est appliqué avec une taloche en inox, puis structuré à l’aide d’une taloche en plastique.

Il permet d’obtenir une finition talochée qui rappelle visuellement un enduit traditionnel, sans ajouter une nouvelle couche lourde de mortier. Il protège l’enduit hydraulique existant contre la pluie tout en restant perméable à la vapeur d’eau.

L’enduit organique : protection et esthétique
Pour redonner à la façade son aspect d’origine tout en assurant une protection durable, Mission Façades préconise l’application d’un enduit organique de ravalement.

Le choix entre ces deux finitions dépend principalement du résultat recherché :

  • le revêtement semi-épais donne un aspect peint ou légèrement granité ;
  • l’enduit organique apporte un aspect taloché plus structuré.

La règle peut finalement être résumée simplement :

  • construction neuve, extension ou muret neuf : enduit hydraulique réalisé par un maçon ou un enduiseur ;
  • ancien enduit trop dégradé et entièrement retiré : nouvel enduit hydraulique ;
  • ancien enduit encore adhérent : ravalement réalisé par un façadier ou un peintre spécialisé ;
  • finition peinte : revêtement semi-épais ;
  • finition talochée : enduit organique mince.

À Nantes et dans son agglomération, Mission Façades intervient sur les façades déjà enduites qui peuvent être conservées et rénovées. Après examen du support, nous réalisons les réparations nécessaires, le traitement des fissures et l’application d’un revêtement semi-épais, d’un système d’imperméabilité ou d’un enduit organique.

En revanche, la réalisation d’un enduit hydraulique sur une maison, une extension ou un muret neuf relève d’un maçon ou d’un enduiseur disposant des compétences et assurances correspondantes.



MISSION FAÇADES est expert en rénovation extérieure et en ravalement de façades à Nantes. Nous traitons les désordres inhérents aux murs extérieurs : fissures, infiltrations, remontées d’humidité, salissures, dégradations d’enduit, etc.