Façade et isolation thermique : quel lien ?
I. Le mur froid, un symptôme courant à Nantes et dans son agglomération
1. Un climat doux mais fortement humide
À Nantes et dans sa métropole, le confort thermique ne se joue pas sur des écarts de température extrêmes. Le climat ligérien reste relativement tempéré, loin des rigueurs montagneuses des Pyrénées ou des chaleurs marquées du sud de la France. Pourtant, de nombreux logements souffrent d’un inconfort persistant, particulièrement en hiver : sensation de parois froides, humidité latente, air intérieur difficile à chauffer durablement.

Ce paradoxe s’explique en grande partie par l’humidité ambiante. La Loire-Atlantique connaît des hivers longs et humides, avec un taux d’hygrométrie élevé. Cette humidité extérieure agit directement sur les façades, et plus précisément sur les enduits qui les recouvrent. Avec le temps, ceux-ci deviennent poreux et perdent leur capacité de protection.
2. La porosité des enduits, origine du froid ressenti
Un enduit poreux capte l’eau de pluie, la retient et la transmet aux murs. Cette humidité accumulée refroidit les parois et altère leur inertie thermique. Un mur humide est un mur qui stocke le froid et le restitue lentement à l’intérieur du logement.

Le phénomène est particulièrement visible au niveau des ponts thermiques. Ces zones sensibles se situent souvent sur les pignons aveugles, c’est-à-dire les façades sans ouverture. Contrairement aux murs percés de fenêtres, généralement équipés de radiateurs, ces pignons ne bénéficient d’aucun apport de chaleur direct. Ils deviennent alors de véritables parois froides.
Lorsque l’air intérieur, chargé de vapeur d’eau, entre en contact avec ces murs refroidis, la condensation apparaît. Elle peut être invisible au départ, puis se manifester par des taches, des moisissures ou une odeur persistante. Le problème dépasse alors le simple inconfort thermique pour toucher à la qualité de l’air et à la salubrité du logement.
II. Le ravalement de façade, première réponse au confort thermique
1. Imperméabiliser avant d’isoler
Avant d’envisager des travaux d’isolation lourds, il est essentiel de s’intéresser à l’état de la façade. Le ravalement ne se limite pas à un geste esthétique : il constitue une étape fondamentale dans la protection thermique du bâti.
L’imperméabilisation des enduits permet de stopper l’absorption de l’eau. En créant un effet perlant à la surface des murs, l’eau de pluie ruisselle au lieu de pénétrer. Les murs restent secs, leur température de surface augmente, et la sensation de paroi froide diminue sensiblement à l’intérieur.

Dans un contexte nantais, où l’humidité est omniprésente en hiver, cette protection est souvent la clé d’un confort retrouvé. Elle permet également de stabiliser les performances du chauffage, qui n’a plus à compenser des pertes liées à des murs gorgés d’eau.
2. Les différentes solutions d’imperméabilisation
Plusieurs techniques existent pour imperméabiliser une façade. La peinture est la plus répandue, mais aussi la plus fragile. Si elle protège temporairement contre l’eau, elle résiste mal aux mouvements naturels du bâti et à la fissuration des enduits anciens, fréquents dans les constructions de la région.
Les revêtements souples et les enduits organiques offrent une réponse plus durable. Leur élasticité leur permet d’accompagner les fissures dites vivantes, tout en maintenant une barrière efficace contre l’humidité. Ils constituent une solution intermédiaire intéressante pour préserver les façades tout en améliorant le confort intérieur.
Enfin, les revêtements thermorégulateurs représentent aujourd’hui une évolution majeure. Plus épais par nature, ils associent imperméabilisation et complément d’isolation. Leur composition permet de limiter les échanges thermiques au niveau des ponts thermiques, contribuant ainsi à une amélioration mesurable du confort.
III. Ravalement et performance énergétique : un choix raisonné dans notre région
1. Des gains concrets sans isolation thermique lourde
Les revêtements thermorégulateurs peuvent améliorer le confort thermique intérieur jusqu’à trois degrés, aussi bien en hiver qu’en été. Cette régulation permet de réduire les besoins en chauffage comme en climatisation, avec un gain énergétique estimé à environ 8 % de la consommation globale.
Cette baisse de consommation se traduit directement par une diminution de l’empreinte carbone et des émissions de gaz à effet de serre. Sans transformer radicalement le bâti, le ravalement devient alors un levier d’action mesuré, cohérent avec les enjeux environnementaux actuels.

2. Mieux comprendre les déperditions thermiques
Il est important de rappeler que les murs représentent environ 20 à 25 % des déperditions thermiques d’une maison. La toiture concentre 25 à 30 %, l’air renouvelé et les fuites 20 à 25 %, les fenêtres 10 à 15 %, les ponts thermiques 5 à 10 %, et le plancher bas 7 à 10 %.
Ces chiffres invitent à une réflexion globale. Investir massivement dans une isolation thermique par l’extérieur ou par l’intérieur, souvent soutenue par des aides d’État fluctuantes, peut s’avérer coûteux pour une efficacité parfois limitée dans un climat tempéré comme celui de la Loire-Atlantique.
3. Protéger d’abord, isoler ensuite
Dans notre région, la première urgence reste la protection des enduits contre l’humidité excessive. Un mur sec est un mur plus chaud, plus sain et plus durable. Le ravalement de façade, lorsqu’il est correctement pensé, constitue souvent la première phase indispensable d’une rénovation énergétique réussie.
Chaque bâtiment ayant ses spécificités, il est essentiel de faire appel à un professionnel de la façade pour analyser l’existant et orienter les choix techniques. À Nantes et dans son agglomération, un ravalement adapté permet déjà d’améliorer sensiblement le confort thermique, sans nécessairement recourir à une isolation lourde. Parce qu’en matière de performance énergétique, protéger reste toujours le premier geste.
