Les origines des fissures sur les façades des maisons et immeubles à Nantes
Au sommaire de cet article
Une fissure sur une façade est souvent source d’inquiétude. Pourtant, toutes les fissures n’ont ni la même origine, ni la même gravité. Certaines ne concernent que la peinture ou le revêtement de finition, tandis que d’autres peuvent traduire un mouvement de l’enduit, de la maçonnerie, du béton ou même des fondations.
Avant de chercher une solution, il faut donc répondre à une première question : qu’est-ce qui est réellement fissuré ?
Microfissure, fissure ou lézarde : comment les distinguer ?
On utilise généralement les termes suivants pour qualifier l’ouverture d’une fissure :
- microfissure : inférieure à 0,2 mm ;
- fissure : entre 0,2 et 2 mm environ ;
- lézarde : au-delà de 2 mm.
Cette classification ne suffit toutefois pas à déterminer la gravité d’un désordre. Une fissure très fine mais évolutive ou traversante peut nécessiter davantage d’attention qu’une fissure plus large mais ancienne et stabilisée.
Les fissures peuvent également présenter des formes très différentes :
- anarchiques, lorsqu’elles ne suivent aucune direction particulière ;
- rectilignes, horizontales, verticales ou obliques, parfois à environ 45° ;
- traversantes, lorsqu’elles affectent plusieurs couches du bâtiment et peuvent traverser le support ;
- infiltrantes, lorsqu’elles constituent un passage potentiel pour l’eau et dégrade l’intérieur.
Une fissure visible sur une façade peut ainsi concerner uniquement la peinture, le revêtement, l’enduit, ou atteindre directement les matériaux de construction comme le béton, le parpaing ou la brique. C’est cette distinction qui permet ensuite d’orienter le diagnostic et le traitement.
Les fissures liées aux mouvements de la structure et du sol
1. Le tassement du sol et les mouvements des fondations
Une maison ou un immeuble repose sur le sol par l’intermédiaire de ses fondations. Si le terrain bouge de manière homogène, le bâtiment peut parfois accompagner ce mouvement sans conséquence importante. En revanche, lorsque différentes parties de la construction ne bougent pas de la même manière, on parle de tassement différentiel.

C’est notamment le cas du phénomène de retrait-gonflement des sols argileux. Un sol argileux peut se rétracter lorsqu’il perd de l’eau pendant une période sèche, puis gonfler lors de sa réhydratation. Ces variations de volume peuvent entraîner des mouvements différentiels sous les constructions et provoquer des fissures, souvent à proximité des ouvertures ou des zones de faiblesse.
La profondeur et la conception des fondations jouent naturellement un rôle important. Les constructions légères, peu rigides et reposant sur des fondations relativement superficielles sont généralement plus sensibles aux mouvements des couches de sol proches de la surface. Les immeubles dotés de structures plus importantes ou de niveaux enterrés peuvent, selon leur conception et la nature du terrain, être fondés plus profondément et donc être moins exposés aux variations superficielles.

Plusieurs éléments peuvent accentuer les différences de mouvement :
- un terrain en pente ;
- des fondations situées à des profondeurs différentes ;
- une construction composée de volumes ou de charges très différents ;
- la présence d’arbres dont les racines contribuent à modifier l’humidité du sol ;
- des arrivées ou fuites d’eau à proximité des fondations ;
- un drainage ou une gestion des eaux pluviales modifiant fortement l’équilibre hydrique du terrain.
À Nantes et dans son agglomération, comme partout ailleurs, une fissure ne permet donc pas à elle seule de conclure à un problème de fondation. L’observation de son évolution, de son orientation et du contexte du bâtiment reste essentielle.
2. Les poutres, linteaux et phénomènes de flexion
Le squelette d’une construction moderne est également constitué d’éléments porteurs : murs, chaînages, poutres et linteaux en béton armé.

Lorsqu’une poutre est soumise à des charges importantes, elle peut légèrement se déformer. Cette déformation est appelée la flèche. Elle ne doit pas être confondue avec un phénomène de compression, qui consiste davantage à écraser un élément.
Lorsque les contraintes deviennent importantes, les fissures peuvent apparaître dans le béton ou se reporter vers les matériaux environnants. Autour des ouvertures, certaines fissures obliques peuvent ainsi suivre des zones où les contraintes se concentrent. Dans certains cas, plusieurs fissures peuvent dessiner une sorte d’arc ou de trajectoire de décharge au-dessus d’une ouverture.
Le béton résiste très bien à la compression, mais beaucoup moins à la traction. C’est précisément le rôle des armatures métalliques : permettre au béton armé de mieux résister aux efforts de traction et de flexion.
La fissuration du béton armé peut avoir de nombreuses origines : flexion, effort tranchant, traction, torsion ou encore retrait et variations thermiques.
Les fissures liées aux matériaux et au vieillissement de la façade
3. Retrait, dilatation et mouvements naturels des matériaux
Les matériaux d’un bâtiment ne sont jamais totalement immobiles.
Le béton connaît notamment différents phénomènes de retrait au cours de sa prise, de son durcissement et de son séchage. À cela s’ajoutent les variations dimensionnelles liées à la température et à l’humidité.
Deux matériaux assemblés ensemble peuvent ainsi réagir différemment. L’un se dilate légèrement, l’autre se rétracte ou résiste davantage au mouvement. Ces différences créent alors des contraintes au niveau des jonctions.

C’est notamment une des explications possibles des fissures au niveau des planchers, particulièrement fréquentes sur certaines façades. Le mouvement de la structure peut exercer une contrainte sur un enduit plus rigide, qui finit par fissurer à l’endroit où il ne parvient plus à accompagner la déformation.
Ces phénomènes peuvent être accentués par une succession importante de chaleur, de sécheresse, de pluie et de variations d’humidité. Une fissure liée à un mouvement thermique ou hygrométrique peut donc parfois évoluer au fil des saisons.
4. La corrosion des armatures dans le béton
Les éléments en béton armé contiennent des armatures en acier naturellement protégées par l’environnement très alcalin du béton.
Avec le temps, cette protection peut toutefois être altérée, notamment par la carbonatation du béton ou, dans certains environnements, par la pénétration de chlorures. Lorsque l’acier commence à s’oxyder, la rouille occupe davantage de volume que l’acier initial et exerce une pression sur le béton qui l’entoure.
Cela peut provoquer :
- des fissures suivant le tracé des armatures ;
- l’apparition de traces de rouille ;
- des épaufrures ;
- l’éclatement localisé du béton ;
- voire la mise à nu des aciers.
Dans ce cas, reboucher uniquement la fissure sans traiter l’origine de la corrosion ne constitue généralement pas une réparation durable.
5. Les fissures propres à l’enduit de façade
Certaines fissures ne concernent pas directement la structure du bâtiment, mais uniquement son enduit.
Le cas le plus fréquent est le faïençage : un réseau de microfissures très fines donnant parfois à la façade l’aspect d’une surface craquelée.

Ces désordres peuvent être liés à plusieurs facteurs : vieillissement, formulation ou mise en œuvre de l’enduit, séchage trop rapide, exposition importante au soleil ou incompatibilité avec le support.
Un autre phénomène régulièrement observé est celui du spectre des matériaux. Par temps humide ou après la pluie, les chaînages, joints de parpaings ou autres éléments de la maçonnerie peuvent réapparaître visuellement sous l’enduit.

Cela ne signifie pas systématiquement que la façade est fissurée. Cela peut révéler des différences de porosité, d’épaisseur ou de séchage entre les matériaux situés derrière l’enduit. Mais lorsque la protection devient insuffisante ou que le désordre évolue, des fissures et des salissures peuvent progressivement apparaître.
6. Lorsque ce sont la peinture ou le revêtement qui fissurent
Enfin, certaines fissures concernent uniquement la couche de finition.
Une peinture ancienne peut craqueler, perdre son élasticité ou se fissurer sous l’effet du vieillissement. Un support humide peut également provoquer des cloques, des décollements ou un pelage du revêtement.

Les défauts d’application peuvent également jouer un rôle : support insuffisamment préparé, produit mal adapté, humidité excessive, pluie pendant l’application ou températures incompatibles avec les prescriptions du fabricant.
Dans ce cas, il est important de déterminer si le problème concerne uniquement le revêtement ou s’il existe une fissure plus profonde dans l’enduit ou la maçonnerie.
Une fissure doit être comprise avant d’être réparée
Il existe donc de nombreuses origines possibles aux fissures sur les maisons et immeubles : mouvement du sol, tassement différentiel, contraintes structurelles, flexion, retrait du béton, dilatation des matériaux, corrosion des armatures, vieillissement de l’enduit ou simple dégradation d’une peinture.
Le diagnostic est rarement aussi simple que la seule observation d’une photo. Il faut tenir compte de la largeur de la fissure, de sa forme, de son emplacement, du matériau concerné et surtout de son éventuelle évolution.
La solution dépendra ensuite de plusieurs critères : la stabilité du phénomène, son risque de réapparition, le coût des travaux et le résultat esthétique recherché. Une simple reprise localisée peut parfois suffire. Dans d’autres situations, une réparation plus importante, voire une intervention sur la structure ou les fondations, peut être nécessaire.
Chez Mission Façades, l’objectif est d’abord d’identifier si la fissure concerne le revêtement, l’enduit ou le support lui-même, afin de proposer une solution cohérente avec la nature réelle du désordre.
