Microfissures et fissures structurelles : comment faire la différence sur une façade à Nantes et dans son agglomération

Réparation d’une fissure structurelle

Sur une façade de maison ou d’immeuble, l’apparition de fissures est une source fréquente d’inquiétude pour les propriétaires, notamment à Nantes et dans son agglomération où cohabitent constructions anciennes, maisons individuelles récentes et bâtiments soumis à des sols parfois hétérogènes. Toutes les fissures ne présentent cependant pas le même niveau de gravité. Il est donc essentiel de comprendre la différence entre microfissures, fissures et fissures structurelles, afin d’adopter une analyse adaptée et d’éviter des erreurs de diagnostic.

1. Comprendre les fissures : définitions et vocabulaire réglementaire

1.1 Les classifications selon le DTU 42.1

Le DTU 42.1, référence en matière de ravalement de façades, distingue les désordres selon leur amplitude :

  • Microfissure : ouverture inférieure à 0,2 mm
  • Fissure : ouverture comprise entre 0,2 mm et 2 mm
  • Lézarde : ouverture supérieure à 2 mm

Cette classification repose uniquement sur la largeur visible, et non sur la cause ou la gravité réelle du désordre. Une microfissure, bien que fine, ne doit donc jamais être analysée uniquement par sa taille.

1.2 Les termes couramment employés en façade

En complément de cette classification réglementaire, plusieurs termes techniques sont utilisés sur les chantiers et dans les diagnostics :

  • Faïençage : réseau de microfissures superficielles, souvent en forme de toile d’araignée, affectant principalement les enduits ou les peintures.
Le faïençage est une pathologie liée exclusivement à l’enduit
Le faïençage est une pathologie liée à l’enduit qui peut répercuter des fissures structurelles.
  • Fissure traversante : fissure qui traverse l’ensemble de l’épaisseur du mur, de l’extérieur vers l’intérieur.
  • Fissure infiltrante : fissure permettant le passage de l’eau, même si son ouverture est faible.

Ces notions sont importantes car une fissure très fine peut être infiltrante et évolutive, tandis qu’une fissure plus large peut être ancienne et stabilisée.

1.3 Quand parle-t-on de fissure structurelle ?

Une fissure structurelle est une fissure qui atteint la structure du bâtiment, c’est-à-dire les matériaux porteurs : béton armé, maçonnerie, blocs, briques, planchers, poutres ou chaînages. Elle traduit un mouvement ou une contrainte affectant la stabilité ou le comportement mécanique de l’ouvrage.

Quand parle-t-on de fissure structurelle ?
Une fissure structurelle est une fissure qui atteint la structure du bâtiment, c’est-à-dire les matériaux porteurs

Il est important de noter qu’une microfissure peut parfois être le stade initial d’une fissure structurelle naissante, avant que son ouverture ne s’élargisse avec le temps.

2. Observer l’emplacement des fissures pour identifier leur nature

2.1 Fissures liées aux contraintes structurelles

Certaines localisations sont typiquement associées à des phénomènes structurels :

  • Sur appui de fenêtre ou au-dessus des ouvertures : ces fissures peuvent traduire un fléchissement d’une poutre en béton armé ou un ferraillage insuffisant.
  • Autour des ouvertures (portes, fenêtres, baies) : souvent liées à des effets de tassement différentiel ou de dilatation des matériaux.
Fissures liées aux contraintes structurelles
Fissures autour des ouvertures (portes, fenêtres, baies) : souvent liées à des effets de tassement différentiel ou de dilatation des matériaux.
  • Fissures dites de plancher : fissures horizontales ou verticales à l’interface entre deux niveaux, indiquant une reprise d’effort au droit du plancher.

Ces fissures sont fréquentes dans les constructions de l’agglomération nantaise, notamment sur des bâtiments récents où les mouvements initiaux de la structure se manifestent dans les premières années.

2.2 Fragilité du mur et formes caractéristiques

Une fissure peut également traduire une fragilité du mur lui-même, notamment en cas de monolithisme de façade affaibli :

  • Lézardes obliques proches de 45° : souvent associées à des phénomènes de tassement ou de cisaillement.
Les lézardes (ouverture supérieure à 2 mm)
Fissures en escalier sous forme de lézardes. Ces fissures sont les plus préoccupantes.
  • Fissures ou lézardes horizontales ou verticales franches : pouvant indiquer une rupture de continuité dans la maçonnerie.
  • Fissures en hachures : généralement dues à un effet de cisaillement lié aux jonctions de matériaux différents (béton/maçonnerie, ancien/neuf).

Ces formes sont des indices précieux pour différencier un simple désordre esthétique d’un problème structurel.

3. Microfissures : pathologies d’enduit, de peinture et vigilance nécessaire

3.1 Microfissures liées aux enduits

Les microfissures sont très souvent liées à des pathologies d’enduit :

  • Faïençage de retrait : causé par un mauvais dosage, une application par temps trop chaud, trop froid ou trop humide, entraînant un retrait excessif.
  • Usure naturelle : vieillissement de l’enduit sous l’effet de l’humidité, du gel et des variations climatiques, fréquentes dans le climat océanique nantais.
Le faïençage est une pathologie fréquente des façades
Le faïençage est une pathologie fréquente des façades, souvent source d’inquiétude pour les propriétaires. Il se manifeste par un maillage de microfissures très fines, visibles en surface de l’enduit.

Ces microfissures restent généralement superficielles, mais peuvent devenir infiltrantes si elles ne sont pas traitées.

3.2 Microfissures liées aux revêtements de façade

Concernant les peintures et revêtements, les microfissures peuvent apparaître :

  • Par répercussion d’une fissure structurelle, lorsque la fissure dépasse la capacité de réticulation du revêtement.
  • Par application d’une peinture trop mince sur un support très structuré, comme un enduit projeté. En séchant, la peinture se craquelle dans les concavités entre les reliefs, faute de matière souple suffisante.

Ces désordres sont fréquents lors de ravalements mal adaptés au support existant.

3.3 Attention à l’analyse et à l’évolution dans le temps

L’analyse des fissures nécessite de la prudence. Une microfissure peut être :

  • Infiltrante, donc génératrice de désordres secondaires (humidité, dégradation des enduits).
  • Évolutive, et se transformer en fissure ou en lézarde lorsqu’elle est d’origine structurelle.
  • Le signe d’un ravalement nécessaire, lorsque le revêtement n’assure plus sa fonction de protection.

Les fissures structurelles, quant à elles, sont courantes et souvent normales dans une maison. Elles apparaissent fréquemment dans les dix premières années suivant la construction, puis se stabilisent ou réapparaissent toujours aux mêmes endroits en raison des contraintes structurelles permanentes.

Dans certains cas, notamment en présence de tassements en sous-œuvre, une surveillance par fissuromètre peut être nécessaire afin de suivre l’évolution dans le temps et d’orienter les décisions techniques.



MISSION FAÇADES est expert en rénovation extérieure et en ravalement de façades à Nantes. Nous traitons les désordres inhérents aux murs extérieurs : fissures, infiltrations, remontées d’humidité, salissures, dégradations d’enduit, etc.