Remontées capillaires : comment les reconnaître ?
Au sommaire de cet article
L’humidité dans les murs est l’un des désordres les plus fréquents dans l’habitat, notamment dans les logements anciens. À Nantes et dans son agglomération, de nombreuses habitations sont concernées par un phénomène bien particulier : les remontées capillaires. Souvent mal identifiées, elles sont pourtant à l’origine de dégradations visibles et durables, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des bâtiments. Comprendre leur origine et savoir les reconnaître est la première étape vers un traitement efficace.
Les remontées capillaires : définition et origines du phénomène
Qu’est-ce qu’une remontée capillaire ?
Les remontées capillaires correspondent à la migration naturelle de l’eau contenue dans le sol vers le bas des murs. Cette eau remonte à travers les matériaux poreux (pierre, brique, mortier) par un phénomène physique appelé capillarité.
Il s’agit d’un phénomène lié à des micro-mouvements électromagnétiques en sous-œuvre, qui entraînent la montée de l’eau vers les zones plus sèches des murs. L’eau progresse verticalement jusqu’à atteindre une frange d’évaporation, située généralement entre quelques dizaines de centimètres et parfois jusqu’à 1,50 mètre de hauteur, selon l’intensité du phénomène.
Un phénomène normal… ou révélateur d’un problème
Toutes les remontées capillaires ne sont pas anormales. Dans certaines constructions, notamment les maisons des années 60 à 70, il est fréquent de constater des remontées dites « normales ». À cette époque, les bâtiments étaient souvent construits sans arrase étanche ou arrase bitumineuse, ce qui permettait à l’humidité du sol de migrer naturellement dans les murs.
En revanche, les remontées capillaires peuvent aussi révéler un désordre structurel, comme :
- un défaut d’étanchéité des fondations,
- un problème de conception du bâti,
- une stagnation d’eau au pied des murs,
- un terrain encaissé ou mal drainé.
Dans ces cas-là, l’humidité devient excessive et pathologique.

Pourquoi les remontées capillaires posent problème ?
Le principal problème n’est pas seulement l’eau, mais ce qu’elle transporte. En remontant, l’eau est chargée en sels minéraux et éléments organiques présents dans le sol. Lorsqu’elle s’évapore en surface, ces éléments se cristallisent et apparaissent sous forme de salpêtre, très reconnaissable.
Ces zones humides fragilisent les matériaux et créent un environnement favorable à d’autres désordres : condensation, moisissures, dégradation des revêtements et inconfort thermique.
Les conséquences des remontées capillaires sur une habitation
Des dégradations visibles à l’intérieur
À l’intérieur des logements, les remontées capillaires se manifestent souvent par :
- des papiers peints qui se décollent,
- des peintures qui cloquent,
- des enduits qui se désagrègent,
- une sensation de paroi froide et humide,
- une condensation persistante sur les murs.
Dans les rez-de-chaussée des immeubles anciens de Nantes, notamment dans le bâti en pierre, ces désordres sont fréquemment observés lors de rénovations utilisant des matériaux contemporains, peu compatibles avec l’humidité des murs anciens (lambris, plaques de plâtre, peintures étanches).

Des impacts visibles sur les façades
À l’extérieur, les remontées capillaires provoquent :
- des auréoles d’humidité au bas des murs,
- des décollements d’enduit,
- des efflorescences blanchâtres,
- une dégradation prématurée des soubassements.

À Nantes, les soubassements ont historiquement été conçus pour absorber et limiter localement ce phénomène naturel. Lorsqu’ils sont absents, endommagés ou recouverts de revêtements inadaptés, l’humidité s’étend plus largement.

Une hauteur d’humidité variable mais caractéristique
La présence d’une auréole horizontale, généralement située entre le sol et un mètre de hauteur, est un indice très parlant. Cette limite correspond à la zone où l’eau s’évapore en continu. Plus la remontée est importante, plus cette frange d’évaporation est haute.
Comment reconnaître des remontées capillaires avec certitude ?
Une humidité présente sur toute l’épaisseur du mur
Un critère fondamental : les remontées capillaires concernent toute l’épaisseur du mur. L’humidité doit donc être mesurable à l’intérieur comme à l’extérieur, ce qui est vérifiable à l’aide d’un humidimètre professionnel.
Si l’humidité n’est présente que sur un parement ou un enduit, il peut s’agir d’un autre phénomène.
Le salpêtre : un indice révélateur… mais à nuancer
Le salpêtre est l’un des indices les plus clairs. Il se présente sous un aspect cotonneux ou poudreux blanc, résultant de la cristallisation des sels contenus dans l’eau du sol.
Attention toutefois : un enduit en contact direct avec le sol peut aussi créer un phénomène d’effet de mèche, où seule la couche d’enduit remonte l’humidité, sans que le mur porteur soit concerné. Dans ce cas, l’humidité ne traverse pas toute l’épaisseur du mur.

Ne pas confondre avec d’autres sources d’humidité
Certaines situations peuvent imiter les remontées capillaires :
- des fissures en façade laissant pénétrer l’eau par le haut,
- des défauts d’étanchéité de toiture ou de menuiseries,
- des terres encaissées contre les murs,
- une végétation dense au pied de la maison.
C’est pourquoi un diagnostic précis est indispensable avant toute intervention.

Conclusion : des solutions durables existent
Les remontées capillaires sont un phénomène complexe, à la fois physique et structurel, très présent dans le bâti ancien nantais. Bien identifiées, elles peuvent être traitées durablement grâce à des solutions adaptées à la nature du mur, au sol et à l’environnement de la maison.
Face à la diversité des causes possibles, il est fortement recommandé de faire appel à une société spécialisée, capable de poser un diagnostic fiable et de proposer un traitement pérenne. À Nantes et en Loire-Atlantique, des professionnels comme Mission Façades accompagnent les particuliers pour identifier précisément l’origine de l’humidité et mettre en œuvre des solutions efficaces, respectueuses du bâti existant.
